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27 oct. 2012

Iran : Interview de Geidar Dzhemal : "Une très forte crise agite l’Élite mondiale"

La rédaction de Polit.ru s’est entretenue avec Geidar Dzhemal, sur ce qu’il pense du déploiement des forces dans le Golfe Persique et autour de l’Iran, étant donné le regain de tension dans la région depuis de début de l’automne.

- En septembre 2012 les USA et leurs alliés ont réalisé, dans le Golfe Persique, des manœuvres militaires pour "assurer la sécurité du trafic maritime". Téhéran a répondu par ses propres manœuvres avec le lancement réussi de nouveaux missiles et menace de bloquer le détroit d’Ormuz. Netanyahu et les dirigeants de l’OIEA ont exprimé leur préoccupation face au progrès des technologies nucléaires militaires iraniennes, pendant que l’Iran aurait, semble t-il, bloqué l’accès à Google, et commencerait à créer son propre Internet. Que se passe t-il vraiment dans le Golfe Persique ? S’agit-il d’un échange habituel "d’amabilités" ou bien la tension contre l’Iran s’amplifie-t-elle réellement ?
 

- D’abord, nous devons nous écarter des scénarios programmés par la mass-médias destinés à l’opinion publique. Par définition, cette opinion publique est mal informée, elle peut, facilement, être manipulée –par exemple, on peut lui raconter des fictions sur les armes nucléaires.

La réalité est que l’Iran ne produit pas le matériel nécessaire pour fabriquer la bombe nucléaire –l’uranium métallique (90% de l’isotope de l’uranium 235 [U-235]). Les installations iraniennes sont équipées, seulement, pour la fabrication de gaz d’uranium (isotope 238). En général [chez les chercheurs NdT(fr)], l’idée que l’on puisse fabriquer la bombe nucléaire dans un laboratoire universitaire est extravagante. On peut toujours faire des recherches mais si on ne possède pas des moyens colossaux, on ne peut pas construire les éléments de la chaîne technologique.

À l’époque, l’Union Soviétique a créé une technologie unique, très difficile à réaliser : les centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium pouvaient tourner à plus de 1500 tours par minute ! Évidemment, La méthode par diffusion de gaz existe aussi, mais rendez-vous compte : Le processus d’enrichissement pour fabriquer les charges d’U-235, coûtait à l’URSS, 3% de la dépense énergétique du pays. En France, les barres de combustible pour une centrale nucléaire se fabriquent suivant la méthode de diffusion de gaz : trois blocs d’une centrale nucléaire sont nécessaires pour faire fonctionner une seule usine de diffusion de gaz. Imaginez l’importance de la dépense énergétique dont il est besoin !

- Cela veut-il dire que les dirigeants de l’OIEA nous mentent ?

- Les dirigeants de l’OIEA n’affirment jamais rien directement. Imaginez, en Union Soviétique, nous faisions tourner nos 700.000 centrifugeuses pour obtenir de l’uranium hautement enrichi, l’Iran n’en possède que 690. Aujourd’hui, l’Iran peut seulement produire le gaz qui permet d’obtenir les barres de combustible. Ils peuvent, aussi, fabriquer des tanks, des avions de chasse, des sous-marins ; et beaucoup d’autres choses qui le placent dans la catégorie des pays de moyenne technologie. Les iraniens œuvrent en fonction de leurs propres projets et peuvent repousser un agresseur. Mais il existe des processus qui font partie uniquement de la haute technologie. L’agitation autour de « l’armement nucléaire iranien » n’est qu’une course purement médiatique.

- Pourquoi cette course médiatique se produit-elle juste maintenant ?

- Tout simplement, pour faire changer le régime politique en Iran. Nous allons écarter toute la saleté informative que l’on bombarde au public et voyons la situation de plus près.

Une très forte crise agite l’élite mondiale. En Occident, au sein de la classe dirigeante, il y a plusieurs groupes dont les intérêts sont fondamentalement différents et ils ne parviennent pas à s’accorder. Pour illustrer, disons qu’il existe les lièvres et les lapins et que ceux-ci se chassent les uns les autres jusqu’à se tuer, -difficile à comprendre pour des gens ordinaires pour qui, les "lièvres" et "lapins" sont presque identiques.

D’autre part, on peut examiner cette guerre sur le plan de la lutte entre les financiers eux-mêmes. Une partie d’entre eux veut maintenir le dollar comme devise mondiale et une autre veut favoriser la création de plusieurs devises régionales. Mais ces affrontements financiero-spéculatifs ne sont que la partie visible de l’iceberg.

- Et pourquoi les représentants de l’élite mondiale ne peuvent-ils pas garder l’amitié, leurs objectifs ne sont-ils pas semblables ?

- Il y a un conflit entre les libéraux classiques qui maintiennent toujours leur discours dominant entretenu au cours de ces derniers deux cent ans (conflit accentué à partir de 1945 lorsque les USA ont rayé l’Europe de la carte, en tant que centre du monde). L’Europe était devenue le terrain de manifestation de la puissance militaire nord-américaine, pour contrôler le Vieux Monde. Les nationaux-libéraux avaient vaincu. Ces forces qui gouvernaient l’Europe avant la seconde guerre mondiale (et surtout, avant la première) sont celles qui se sont aujourd’hui regroupées et contrattaquent.

Leur structure d’organisation n’est plus la même que celle d’il y a cent ans : elles ont avec elles la bureaucratie internationale, la mafia mondiale, les corporations transnationales. On remarque une couche supranationale, par exemple l’ONU, une autre inter-étatique, l’UE. La branche militaire, l’OTAN, et une couche non gouvernementale, les fonds, les structures. Elles sont très nombreuses.

- Comme par exemple, l’OIEA ?

- Exactement, l’OIEA est une structure internationale non gouvernementale, représentée par un type spécifique de bureaucratie : une structure lobbyiste.

Cette bureaucratie est en constante relation avec les commissions de l’UNESCO, L’ONU ; cela fait déjà longtemps que l’OIEA s’est séparée d’une quelconque souveraineté, elle ne dépend d’aucun gouvernement et encore moins des électorats, des forces et partis politiques et des parlements. Ses représentants veulent le pouvoir. Ils sont dirigés par les "royal" cercles traditionalistes du monde occidental. Les cléricaux, le cercle supérieur de l’establishment du clergé et la vielle noblesse appartiennent à ces cercles-là. L’establishment du clergé maintient une étroite alliance avec les maisons royales qui ont gouverné pendant des centaines d’années.

- Pour en revenir à la Péninsule Arabe : comment la hiérarchie que vous décrivez, se réalise-t-elle ?

- Il y a un grand État, l’Arabie Saoudite, et les autres plus petits situés sur la côte maritime : Le Bahreïn, le Qatar, les Émirats Arabes Unis. Quelle différence y a t-il entre eux ? La dynastie saoudienne est apparue en 1928. Après leur [ré]apparition [en 1902], les chefs des tribus du Nejd (région au centre de l’Arabie Saoudite –NdR), renversent le Chérif de la Mecque [Hussein ben Ali, NdT(fr)] [1] (appartenant à la dynastie Hachémite comptant 14 siècles d’histoire) et créent le royaume Saoudien. À cette époque, ils avaient agis comme des révolutionnaires. Pour la Dynastie Al Khalifa qui règne au Bahreïn et celle au Qatar, les leaders de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui ne représentent rien. La maison royale du Bahreïn gouverne depuis plus de deux cent ans ; ses représentants avaient des ramifications avec le califat islamique, la famille royale britannique, c'est-à-dire qu’il s’agit-là de gens qui sont "du club", et ce sont eux qui décident de l’ordre du jour.

Naturellement entre les libéraux, le parlementarisme, la modernisation, les partis politiques, la société civile –enfin tout ce qui est devenu la façade du monde actuel- d’un côté, et l’establishment du clergé, de l’autre, il existe un antagonisme irréconciliable. Mais les libéraux-nationaux ont aussi leur "Mecque" à eux, représentée par les USA –empire républicain de type national, contrôlé par le Parti Républicain.

- Aux USA, le Parti Démocrate aussi parvient régulièrement au pouvoir.

- Le Parti démocrate est précisément proche des forces cosmopolites. Obama représente aujourd’hui une certaine "nébuleuse cosmopolite" qui exprime les intérêts de la bureaucratie internationale, du système international "financiéro-spéculatif", non orienté vers le dollar, -elle ambitionne de faire disparaître le lien avec le modèle impérial romain, et le substituer à un fond monétaire international abstrait, qui contrôle les cours des devises et émet sa propre monnaie. Mais pour réaliser cela, il faut quelqu’un qui ait une autorité suprême, une sorte de symbole commun –on peut citer le Pape qui, conventionnellement, exprime la spiritualité, la stabilité, le sens de la vie.

- À votre avis, quel est le niveau d’une telle demande de spiritualité de la part de l’homme moderne occidental ?

- L’homme d’aujourd’hui ne croit pas en dieu. Cependant, il croit en l’institution religieuse. Le monde actuel est basé sur une échelle de valeurs. Mais le plus important, c’est que sur cette échelle de valeurs, ce ne sont pas les présidents élus qui gouvernent, mais les "Merlin" (conseiller spirituel du Roi Arthur, NdT(es)), les savants qui décident de la vie et de la mort. Et de nos jours, ils sont aussi puissants qu’il y a mille ans, mais de façon différente. À cette époque, le Pape s’affichait devant la société, un Luther [2] pouvait parfaitement le défier. Les personnes comme lui, aujourd’hui, sont à l’écart de la société, séparées d’elle et de l’État, mais elles transmettent toujours les instructions. Et à l’intérieur de la société, se trouve le sommet de la pyramide -l’élite qui est en communication directe avec eux, et transmet ensuite ces instructions aux politiques et aux présidents.

C’est la raison de ce conflit si dur, dont nous venons de parler : d’un côté il y a la bureaucratie internationale qui représente les intérêts des traditionalistes, et de l’autre, les démocraties nationales souveraines, dirigées par les leaders charismatiques séculaires, qui agissent dans l’intérêt de la classe libérale. Le classe libérale a formulé son discours il y a déjà 200-300 ans –celui-ci a été basé sur les travaux de Mill, Hume, Locke et celui d’encyclopédistes. Il est à l’origine de l’apparition des USA et de la République Française. Aujourd’hui, il est en train de se fissurer.


Si en 1945 les libéraux ont obtenu la victoire totale, les néolibéraux, eux, apparaissent vers la moitié des années 70 – ils sont en réalité des managers  sans aucune idéologie-. Les néolibéraux ont conduit le monde au bord de l’effondrement : le système économique est en faillite avec des sommes d’argent virtuel insolvables dans le monde réel. On ne peut plus fonctionner comme avant, en faisant gonfler la bulle des crédits. Aujourd’hui, ils ont tous des dettes gigantesques ; il n’y a qu’une issue à la crise : la grande guerre.

- Mais personne, semble t-il, ne désire la guerre ?

- Oui, mais les guerres arrivent et se succèdent de manière cyclique. À l’heure actuelle, nous sommes aux portes de la Troisième Guerre Mondiale. Cette guerre sera le prologue pour une nouvelle construction sociale, un nouveau régime technologique, que je définirais d’ère de la "post-surconsommation".

L’économie actuelle, basée sur une partie de la terre qui produit les marchandises, et une autre qui les consomment, s’est épuisée. Le nouveau monde se réalisera avec la dictature de la classe monarchique, ce sera un espace clérical, où l’objet principal de production sera l’information. Ceux qui n’auront aucun lien avec la production de l’information, se verront repoussés vers la périphérie de cette sphère.

- En résumé, comment se présente l’affrontement entre les libéraux et l’establishment clérical en Iran, où le pouvoir suprême appartient au leader spirituel –l’Ayatollah ?

- En Iran, c’est le clergé Chiite qui est parvenu au pouvoir, je souligne qu’il s’agit de cléricaux de très haut niveau. Il faut connaître l’histoire spirituelle de l’Iran –jusqu’au XVIe siècle, c’était un état sunnite, avec beaucoup de confréries soufies : les tariqas. Les perses célèbres historiquement connus –comme Omar Khayyam, Saadi et beaucoup d’autres- étaient en général des soufis sunnites.

Le Shah Ismail Khatai [3] accède au pouvoir en 1500. D’origine azérie, il s’appuie sur les qizilbash (tribus nomades turques, NdR), appartenant à la confrérie des séfévides et fonde la dynastie Safavide. Cette confrérie défendait la justice sociale et avait le soutien populaire. Pour renforcer, encore plus, son autorité et se donner une légitimité, il se déclare chiite, introduit le mazhab chiite (une des écoles de droit chariatique, NdR), et modifie son arbre généalogique, -en résumé, il a mené quelques opérations idéologiques qui ont eut pour effet de transformer radicalement cet immense pays.


L’Iran s’était renforcé sous le gouvernement chiite. De fait, les tariqas soufies passèrent, en partie, dans l’opposition, mais comme il s’agit de formations clérico-initiatiques, orientées vers l’initiation, le chemin spirituel sacré, en Iran l’establishment clérical se convertit donc, sur la base du nouveau clergé chiite. Le clergé chiite actuel est l’héritier des tariqas soufies traditionnelles, sa doctrine a pour nom Irfan, c’est une interprétation gnostique de l’Islam.

Il faut comprendre que la haute sphère du clergé garde de bons liens avec les cheikhs des tariqas en dehors du chiisme, dans le milieu sunnite. Y compris, parmi ceux qui vivent à Londres et enseignent la sagesse soufie au prince Charles : nous avons-là l’exemple concret de la relation entre l’establishment "royal" et le sommet du "cléricalisme initiatique".

On peut classiquement définir l’establishment clérical de l’occident, comme étant le comité de réception de l’Antéchrist, alors que la doctrine officielle de l’establishment clérical d’Iran, la seconde venue de Jésus-Christ qui doit détruire l’Antéchrist. L’affrontement entre les cléricaux se situe sur le plan de la guerre religieuse, et se transmet au fur et à mesure vers le bas, puis plus bas et encore plus bas, en se déformant et en s’assombrissant à chaque étape, jusqu’à parvenir au niveau des mass-médias où à leur tour, ils le transforment par des histoires de bombe nucléaire, etc.

- Dans ce scénario, quel est le rôle, la position de la Russie, par rapport à l’Iran ?

- En Russie, les tchékistes [3] et les libéraux sont toujours aux commandes de l’État. Les libéraux, eux, sont prêts à faire partie de la bureaucratie internationale, mais les tchékistes refusent, ils comprennent que la bureaucratie mondiale va les faire disparaître.

La situation est très tendue. Il existe encore d’autres cas de figures. Poutine, par exemple, n’est pas semblable aux tchékistes. Si les libéraux accédaient au plein pouvoir, ils livreraient tout – la Syrie, l’Iran, le Proche-Orient, la Chine et ensuite la Russie – en contrepartie d’un accord qui préserverait la survie de leur classe. Dans le même temps, les tchékistes se trouvent isolés et personne ne les veut comme partenaires, ils comprennent donc parfaitement qu’ils doivent garder leur position car livrer un bastion comme la Syrie, l’Iran ou un super bastion comme la Chine, signifierait leur anéantissement.

- À ce propos, parlez-nous, s’il vous plaît, de la position de la Chine sur ce qui passe autour de l’Iran ?

- La Chine, au travers du Parti communiste, est une des preuves les plus manifestes de la transformation d’un état en bureaucratie nationale. En Chine, il y a huit partis de plus, mais selon la constitution, ils n’ont pas le droit d’occuper le pouvoir. Le Parti communiste –grandissime bureaucratie bâtie avec le business chinois- s’était donné comme objectif de devenir le gigantesque atelier de production du monde entier, en profitant au maximum du système technologique de l’économie de consommation.

Dans l’économie actuelle il y a, d’un côté la Chine productrice de marchandises pas chères, et de l’autre la consommation du luxe par des gens qui ne produisent rien d’autre que l’argent. Lénine disait déjà "l’économie est au service de la politique". Toutes les configurations politiques qui existent de par le monde agissent pour servir le pouvoir, pour que le pouvoir reste toujours entre les mains d’un groupe déterminé de personnes. Tout se réduit à, quel type de personnes, au type de discours qui détermine le type de conscience. Le Parti Communiste de Chine, lui, ne détermine aucun type de discours. Il n’a aucune idéologie.

- À la différence de l’Iran ?

- Oui ! C’est pour ça que l’Iran est l’antithèse spirituelle de l’Occident. Son rôle d’opposition, en tant que concept, armera suffisamment l’Iran face à l’Occident, malgré les possibilités économiques, technologiques et militaires limitées de ce pays.





Quant à la Chine, c’est une question de survie pour la bureaucratie nationale, calquée au format du Parti Communiste. Cette bureaucratie, par la force des circonstances, gouverne une population d’un milliard et demi de personnes sur une base technologique très puissante. Cette réalité, fait de la Chine, avec d’autres régions national-démocratiques comme la Russie ou le Brésil (et jusqu’à un certain point, quelques pays du Proche-Orient), la pierre angulaire sur la voie que s’est tracée la bureaucratie internationale. Cette dernière ne peut pas se permettre d’ignorer l’importance de ces pays.

Aujourd’hui, après douze ans de harcèlement contre le monde musulman à travers l’Afghanistan, l’Irak et les caricatures offensives, le film "l’Innocence des musulmans" est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

- D’après vous, qui se trouve derrière l’histoire de "l’Innocence des musulmans" ?

- Je pense que c’est une initiative de Netanyahou, qui pensait de cette manière, saper la côte de popularité d’Obama, à la vieille des élections. Netanyahou veut que l’Amérique du nord soutienne son attaque contre l’Iran, mais Obama s’y refuse et ne désire pas s’engager dans une telle entreprise. Avec cette histoire de "l’Innocence des musulmans", Netanyahou apparait maintenant comme un parfait idiot.


[NdT(fr)] :

1- Hussein ben Ali (الحسي بن علي en arabe), arrière-grand-père du roi Hussein de Jordanie. Était roi du Hedjaz de 1916 à 1924 et Chérif de la Mecque jusqu’en 1924, chassé à cette date par Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud.

2- Martin Luther (1483-1546), est un moine augustin allemand, théologien, professeur d'université, père du protestantisme et réformateur de l'Église. Il défie l'autorité papale. Il est convaincu par le témoignage de l'Écriture et s’estime soumis à l'autorité de la Bible plutôt qu'à celle de la hiérarchie ecclésiastique.

3- Shah Ismail Khatai

4- La Tchéka (créée en 1917). Police politique du tout nouvel État bolchévique qui deviendra plus tard le KGB.


Geidar Dzhemal, d'origine russe, est analyste politique, spécialiste des pays du Proche-Orient, Président du Conseil Islamique de Russie. (Interview Polit.ru)



Trad.es>fr: Jilata
Trad.ru>es : Arturo Marián Llanos
Source originale : "Гейдар Джемаль...
Publié le 10 octobre 2012 par Polit.ru