Pages

13 déc. 2011

Les protestations de la société russe sont une affaire interne à la Russie

Ivan Melnikov, vice-président du CC du PCFR, livre ses impressions sur les déclarations de Mikhaïl Saakashvili, président de la Géorgie.


Le 10 décembre 2011, pendant que de nombreuses manifestations de protestation se déroulaient contre la fraude dans les élections législatives à la Douma, le président de la Géorgie lançait, lui, une série de déclarations sur la situation en Russie.

En somme, il manifestait sa sympathie envers le peuple russe, dans sa lutte « contre la même injustice dont est victime, non seulement la société russe, mais aussi les régions géorgiennes occupées ["occupées" par la Russie NdT] ». « De nos jours, au XXIème siècle, il n’y a pas de place pour des régimes, qui méprisent la libre élection de son peuple et l’élection d’un état voisin », pouvait-on entendre dans la déclaration du président de la Georgie.

Ivan Melnikov, vice-président du CC du PCFR, livre aux médias ses impressions sur ces déclarations :

« Monsieur Saakashvili et ses idoles du gouvernement usaméricains, n’ont pas à s’inquiéter de ce qui se passe actuellement en Russie.

Le peuple russe est en train de descendre dans la rue, dans la capitale et dans la majorité des régions, pour manifester massivement et avec vigueur contre des élections non transparentes.

Cependant, il faut dire que, si ces élections avaient été correctes, la Douma aurait été composée d’une majorité de gauches, et cela n’aurait pas calmé pour autant, monsieur Saakashvili, dans sa stratégie géopolitique.

Donc, mieux vaut ne pas essayer de transformer une affaire interne russe en un facteur international.

La société qui aujourd’hui, a cessé d’être indifférente à ce qui se passe et cette nouvelle génération de jeunes qui s’est réveillée, porte des exigences très claires, et elle insiste pour que le gouvernement les respecte. Mais ces exigences sont réclamées dans l’intérêt de la Russie et de son peuple ».

Sur la question, si le Parti craignait que l’opposition qui ne fait pas partie du système puisse récupérer l’initiative [du mouvement de protestation NdT] et attirer ses sympathisants, Melnikov répond :

« Nous n’avons pas peur de cela. Nous dénonçons la fraude depuis déjà bien longtemps et nous nous félicitons qu’après tant d’années, la société ait mûri et dise « non ! » aux falsificateurs.

Et remarquez, je dis « société » et non pas opposition (en dehors du système) qui n’est pas un terme approprié. Certes, dans certains groupes il y a des figures avec qui nous préfèrerions ne pas avoir à faire. Mais les gens ne répondent pas aux appels pour des untel. Les gens se fichent de savoir qui est celui qui a appelé le premier ou bien qui conduit : les gens veulent des élections transparentes et toutes ces gens sont devenues une énorme vague de protestation. Nous sommes le parti du peuple, nous prenons appui sur le peuple et nous devons toujours être au plus près des gens.

Si nous parlons de toutes les élucubrations sur les ruses du Département d’État des USA, bien sûr que les forces extérieures rêvent d’une déstabilisation de la Russie, de cela nous n’en doutons pas. Mais qui est responsable du pétrin dans lequel nous sommes ? Russie Unie n’a pas perdu les élections face au Département d’État des USA, elle a perdu la confiance de son propre peuple. L’origine de la déstabilisation n’est autre que le refus de reconnaître sa défaite, la falsification des chiffres réels du scrutin. Vous serez d’accord avec moi, que ce n’est pas normal de vouloir justifier ce désir de se maintenir au pouvoir à tout prix et de garder le monopole des décisions, grâce aux intrigues des ennemis extérieurs ».

Article publié le 10 décembre par Service de presse du PCFR
tr.Jilata